Allocution de la Ministre lors de la célébration des 40 ans d'existence de l'orchestre philharmonique Sainte Trinité


Excellence Mgr Jean Zachée Duracin
Membres du Clergé de l’Eglise épiscopale
Membres de l’Orchestre philharmonique Sainte Trinité
Membres de la Chorale des petits Chanteurs
Mesdames, Messieurs



Je suis honorée d’avoir été associée à cette double célébration des 40 ans d’existence de l’orchestre philharmonique Sainte Trinité et des noces d’or des petits chanteurs. L’école de musique et l’Orchestre philharmonique Sainte Trinité peuvent s’enorgueillir d’être parmi les rares institutions musicales qui permettent à la musique classique d’avoir encore droit de cité en Haïti, en ces temps où l’on a tendance à tomber dans la complaisance et dans le mauvais goût.

Je manquerai à mon devoir si je ne vous adresse pas mes félicitations pour l’hommage rendu aux compositeurs haïtiens. Combien d’Haïtiens, en effet, connaissent Occide Jeanty, Ludovic Lamothe, François Manigat, Justin Elie, Carmen Brouard, Amos Coulanges, Auguste De Pradines ? Combien de jeunes, combien d’enfants haïtiens entonnent aujourd’hui Ti zwazo, Choucoune, Dodo Titit, Fèy, Mèsi Bondye, Minis Azaka etc. L’acculturation que nous subissons depuis des décennies assombrit notre identité afin d’aboutir à sa lente mais sûre asphyxie. Le temps est donc venu pour nous de réagir. Et je suis fort aise de constater que le Gouvernement Martelly-Lamothe n’est pas seul dans ce noble combat. L’Eglise épiscopale d’Haïti a le mérite de contribuer à la promotion de la culture haïtienne et à l’épanouissement de la jeunesse. En témoignent le Musée d’art du Collège Saint-Pierre et l’école de musique Sainte Trinité.

Loin de là l’idée de prôner le rejet des productions culturelles étrangères. Nous ne saurons, en effet,nous cloîtrer dans notre insularité culturelle en ces temps de mondialisation ; notre participation à des festivités d’outre mer renforcera notre culture et changera le regard des autres sur notre Identité de Peuple. Toutefois, Haïti ne doit point se conforter dans un statut de consommateur béat de tout ce qui vient d’ailleurs. Il s’agit, avant tout, de notre Identité ! Nos hommes, nos femmes, nos jeunes sont des valeurs sûres. Notre art, notre artisanat, nos créations dans le secteur de la mode sont d’une qualité incontestable. La peinture haïtienne est universellement reconnue et appréciée.Nous accomplissons des bonds géants dans le domaine de la littérature; notre gastronomie est d’une grande richesse et la diversité de genre dans la musique haïtienne est une évidence : Racine, Troubadour, Compas… Nous devons, cependant, admettre que la musique classique haïtienne, vocale ou instrumentale, est peu connue à cause d’une carence d’interprètes, de production et de diffusion. J’en profite pour signaler que le Gouvernement, grâce à la coopération du Venezuela, travaille à la création de l’Institut National de Musique D’Haïti (INAMUH) dont l’une des tâches sera la multiplication d’orchestres juvéniles à travers le pays.

Au ministère de la Culture, nous avons conscience de notre mission. C’est pourquoi nous œuvrons d’arrache-pied à éviter à notre Pays cette absorption excessive qui porte les marques de l’aliénation culturelle et s’inscrit dans le contexte de monde-village. Haïti doit se démener pour quitter le rang des pays vassaux. Haïti doit plutôt étaler ses potentialités au monde, comme ne cessent de le rappeler le Président Michel Martelly et le Premier Ministre Laurent Lamothe.

La culture étant la plus grande richesse de notre pays et la clé d’un développement durable, il ne fait aucun doute qu’elle est l’atout majeur pour changer l’image qu’on lui a injustement façonnée. Pour y parvenir, nous faisons appel à vous tous, ici, présents. Approprions-nous des ressources et des valeurs de notre pays. Reprenons la bonne habitude de chérir notre Haïti.

Bonne soirée à vous Tous.

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