Finies la contrebande et les fraudes fiscales en Haïti ?




Les délits financiers constituent une plaie pour le pays et le Gouvernement entend à tout prix y mettre un terme. C’est pour faire le point sur la question que la Direction générale des impôts, la Douane, la Police et de l’Unité de lutte contre la corruption ont tenu ce lundi une conférence de presse conjointe dans les locaux de la DGI à l’avenue Christophe. Cette démarche fait suite à une décision prise le 6 juin dernier par le chef du Gouvernement, Laurent Salvador Lamothe, créant une Coordination interinstitutionnelle appelée à traiter à fond le problème.

À en croire les autorités présentes à la conférence, cette coordination est créée pour une prise des décisions concertées. Car, ont-elles expliqué, la mise en commun des ressources humaines et matérielles de ces institutions contribuera à une meilleure compréhension de l’importance de la lutte contre les délits financiers, en raison de leurs conséquences sur l’avenir du pays.

« La corruption, la fraude fiscale et le blanchiment de capitaux seront tous poursuivis jusqu’à leurs deniers retranchements », ont fait savoir les responsables. Prenant acte de l’importance de ce problème, le secrétaire d’État à la Réforme fiscale et douanière, Ronald Décembre, a affirmé que de tels délits constituent un fléau pour l’État. « Les écarter constitue, en soi, un acte de restauration de l’autorité de l’État », a-t-il expliqué.

Des brigades fixes et mobiles ont été créées à cet effet et seront déployées sur l’ensemble du territoire national. Mais les principales cibles sont les zones frontalières. Cette structure interinstitutionnelle permettra aux responsables de l’État de planifier et de coordonner les opérations liées à la lutte contre la contrebande. Tous les ports du pays, ont-ils informé, seront supervisés minutieusement en vue d’augmenter la pression fiscale.

Selon Antoine Atouriste, directeur de la l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC), la finalité de cette synchronisation est d’identifier les opportunités de dépistage et de saisie au niveau de la Douane et de la Direction générale impôts. Elle contribuera, entre autres, a-t-il poursuivi, à renforcer la coopération interinstitutionnelle en matière de lutte contre les activités illicites et aidera à identifier les présumés criminels de la corruption et de la fraude fiscale. « Le produit de la fraude sera retourné à la caisse de l’État », a conclu le chef de l’ULCC.

Une vaste opération de contrôle sera sous peu mis en branle sur l’ensemble du territoire national. « Faute d’une structure de contrôle au niveau de nos lignes frontalières, le pays perd plusieurs millions de dollars annuellement », a fait savoir Fresner Jean Baptiste, directeur général des douanes. En vue de mettre fin à cette situation de désordre généralisé, un plan de sécurisation de Malpasse sera soumis très bientôt à l’appréciation du chef du Gouvernement. Car, a-t-il dit, nous ne pouvons pas compter sur l’aide extérieure en vue du développement du pays. « Les recette de l’État doivent servir vraiment à la cause du pays. »
Jose Flécher



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